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Je fête, à Kinshasa, le 70ème anniversaire de mon Indépendance

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AnaCo 3/34 - Un monstre n’est même plus drôle

Vié ba Diamba

Dépêches de l'agence de presse privée Ana et le Congo (AnaCo)

Série 3: Je fête, à Kinshasa, le 70ème anniversaire de mon Indépendance 

Kinshasa 22 décembre 2009 – 15 février 2010

 

Sur l'agence AnaCo, voir aussi:  
http://anaco1.blogspot.com/

et http://anaco2.blogspot.com/


Sur le Congo, voir aussi:    

http://butembo-kinshasa.blogspot.com/

 

 

 

 

 

 Un monstre n’est même plus drôle

 

Un monstre c’est quelqu’un qu’on a peur

- Sauf les enfants !

de montrer du doigt quand on le voit passer dans la rue… Un monstre a l’haleine fétide et ne se lave pas et ne se rase pas et ne se brosse même pas les dents tous les jours de la semaine… Surtout le samedi, le dimanche, le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi… et même le vendredi… Un monstre ne change jamais

- Ses propres chiques meurent asphyxiées dans ses godasses nauséabondes !

de chaussures et pue gravement des orteils… Un monstre, cependant, aime bien cultiver des plantes

- Elles sont moches, elles ne sourient jamais, elles piquent, elles mordent et puent de la gueule ! Ce sont des orties, des chardons et, surtout (les plus modestes, qui ne font pas de manières… celles qu’un monstre se doit de préfèrer), de simples mauvaises herbes, des matiti mabe !

sur son balcon… Un monstre fait pousser ses plantes dans tous les récipients possibles : des casseroles, des calebasses, des boîtes de sardines ouvertes, des pots de chambre, des bidets, des cuvettes de chiottes, des casques de soldats morts à la guerre... Un monstre prend le plus grand soin de ses plantes… Il les attife, les bichonne, les pouponne, les câline, les abreuve et les nourrit tous les matins…

 

*

 

 

Un monstre n’est pas si compliqué que ça à vivre… Quand l’eau chaude de son thermos

- Chaude depuis trop longtemps !

commence à prendre de l’âge, il utilise l’eau de sa bouillotte pour diluer son café en poudre… et se préparer une petite douzaine de safus !

 

Un monstre dort en ronflant… et serre très fort sa bouillotte… dans les bras, sur le ventre, contre les fesses, entre les jambes… tout le nuit, jusqu’au petit matin, pour la maintenir en vie, garder toute sa chaleur, qu’elle ne prenne pas un mauvais coup de froid…

 

 

*

 

Un monstre prend une rose par la taille

- Nzele na ngai  !

l’interpelle, l’appréhende, l’agrafe, l’extrait de son milieu… la sépare du reste de sa famille, l’amène à l’abri des regards indiscrets, dans son palais de planches… ou dans son laboratoire d’analyses sociales… lui enlève ses lentilles de contact et sa perruque, ses bijoux et ses faux cils et la fout entièrement à poil… et lui tète les oreilles et lui suce le cou et lui mordille les tétines et lui lèche les doigts, les uns après les autres, et lui ronge les ongles et lui arrache les épines avec les dents et

- Ça, c’est vraiment méchant ! Et ça fait vraiment mal !

lui déclare qu’il l’aime… et

- Oooh ! Nazozika !

lui brûle les pétales, une à une, à la flamme de son briquet…

 

Un monstre creuse et déterre…

 

Et, quand elle meurt, un monstre n’enterre pas

- Elle ne demanderait que ça ! De la glaise, de l’eau et du soleil !

sa rose… il pique une crise

- De quoi es-tu morte, espèce de diaconesse ? Pourquoi ? Comment ? Avec l’assistance de quel garde du corps ?

de jalousie… plaque sa rose sur le sol, piétine sa rose et souille sa rose…

 

 

*

 

Un monstre fait bouillir et ramollir ses mapapa, pendant vingt-trois à trente-deux longues minutes, avant de les manger… Il ne les tartine pas avec de la mayonnaise, de la moutarde et des oignons… Il ne les mange pas non plus crues, ni même

- Avec du pili-pili poussière ?

grillées au makala…

 

 

*

 

Un monstre cesse d’être autonome lorsque ses couches-culottes

- Sont-elles toujours bien ajustées ? Sont-elles encore adaptées à ma morphologie ? Des fuites d’huile hydraulique… et d’importantes traces de freinage n’ont-elles pas été constatées par les services techniques compétents ?

empestent et qu’il n’est même plus capable de les enlever, de les laver ou de les changer lui-même…

 

 

*

 

Un monstre a-t-il souvent deux couteaux très effilés à portée de la main, l’un pour se défendre et l’autre pour attaquer ? Un monstre porte-t-il toujours un collier et un slip de cuir bouilli (bardés de fils barbelés empoisonnés, de clous rouillés et de piques d’acier trempées dans le curare) pour mettre ses couilles hors de portée des crocs et son cou à l’abri des mâchoires d’horribles prédateurs ? Un monstre apprend-il à lire et à écrire à

- Mais pourquoi donc ? Où est le problème ? Même Socrate était analphabète, non ? Il n’a jamais rien écrit et cela ne l’a pas empêché d’être condamné !

un illettré pour l’obliger à signer de sa propre main le PV d’aveux (obtenus par la violence) qui disculpent entièrement son tortionnaire ? Quand il se promène en ville, un monstre porte toujours un casque

- Colonial ?

sur la tête, des écouteurs et des lunettes de soleil sur le nez et les oreilles… pour ne pas recevoir une mangue ou un pavé sur la calebasse, des abeilles ou des nguba dans les baffles ou un coup de foudre dans les mirettes ? Un monstre a-t-il réussi à s’immuniser contre le virus d’Ebola en grignotant des mangues contaminées par la salive des chauves-souris ? Un monstre est-il une victime ou un meurtrier ?

 

*

 

Sa chambre froide est en panne… Sa climatisation est à refaire… Son groupe électrogène est en réparation… Sa peinture est à renouveler... Il a besoin d’un carénage et un passage en cale sèche ne lui ferait pas de mal… Fabriqué en 1971 et remotorisé en 2003 (en, espérant prolonger ainsi sa vie de 20 à 30 ans), le Ngole Iliki* est-il

- Par 251 voix pour et 78 contre, c’est non ! On ne prend pas en compte les abstentions…

un monstre ?

 

* Ainsi baptisé en hommage à un ami, ancien DG de la RVM, que, dit-on, tout le monde continue de regretter…

 

*

 

Un monstre se déglingue, patauge dans la flotte et

- Ça va bien ?

- Muke muke kaka…

prend l’eau de toutes parts… Le pantalon retroussé, les pieds nus, les souliers à la main… tentant de rejoindre l’autre quelle rive…

Le lit du monstre, sa valise monstrueuse et ses casseroles monstrueuses… et même son pot de chambre monstrueux… surnagent encore… quelques instants… puis sombrent monstrueusement, tous ensemble… emportés par la rivière N’Djili, la rivière Kalamu (au quartier Mososo particulièrement) ou la rivière Makelele en crue...

 

*

 

Né au village mais ayant toujours vécu en ville, un monstre n’a plus de respect… Il oublie

- Et ne craint même pas d’être transformé en sauterelle ou en queue de lézard ?

d’offrir du poisson salé, une dame-jeanne de vin de palme, neuf noix de cola, une cartouche de cigarettes, une houe, une machette et un paquet de café aux chefs de terre... Il leur fait porter, par son chauffeur, un carton de poulets surgelés…

- Ou, pire encore, des soso ya N’Sele*…  refinancés et engraissés par le Banque africaine de développement !

et des boîtes de pilchards et de corned-beef Exeter… Mais n’oublie pas defaire preuve de grandeur d’âme et met généreusement à la disposition de la population

- Mes chers compatriotes ! Citoyennes et citoyens ! Combattants et combattantes ! Militantes et militants ! Vendeurs du marché, boutiquiers, handicapés, femmes commerçantes, veuves maraichères, shegués, ndumbas, pasteurs, chômeurs, policiers, artisans, tailleurs, garagistes, cordonniers, boutiquiers, pensionnés, taximen, tireurs de vin de palme et morts du cimetière ! Mesdames et messieurs ! Distingués invités !

besogneuse et en âge de voter deux bœufs et cinq cent casiers de bière à répartir dans les différents bars et buvettes de la commune urbano-rurale qui constitue sa circonscription électorale…

 

* Le DAIPN a fait des émules dans la commune de la N’Sele elle-même… en plein cœur du quartier Kinkole, sur l’avenue Akala… où un homme « proche

- Un officier, dit-on… mais ( ?) qui « serait également cadre dans une banque de la place »…

du pouvoir » a installé un poulailler (d’un millier de volailles), mal entretenu, dont l’odeur nauséabonde, dit-on, indispose tous les habitants du quartier…

 

*

 

Un monstre souffre de diminution de la pilosité pubienne et

- Il avait portant tenté d’en raviver les secrétions en les oignant d’urine de femmes enceintes !

du volume de ses couilles... Un monstre achète son slip ou son soutien-gorge le matin, lorsque ses testicules ou ses seins sont encore lourds et gooonflés de foutre ou de yaourt… Un monstre, quand il éternue, s’attrape une décharge électrique dans la colonne vertébrale et endommage son hélice, se casse les reins et rate son décollage suite à une crevaison de pneu ou perd son train d’atterrissage en se posant à plat ventre, en catastrophe, sur la piste en termitière de l’aéroport international de Lodja…

Un monstre, quand il clignote, prend du flacon et commence à sucrer les fraises… aucun mouvement de vieillesse ne veut plus l’accepter dans ses rangs…

 

 

*

 

 

Un seul monstre

- Et deux groupes armés… revendiquent son enlèvement, oh !

a disparu…

 

On en retrouve le corps, quelques années après… deux fois… et on se demande

- Enveloppé dans une natte ou dans une sac de couchage ? A la lisière du bois de Nassogne et de la forêt Ndangi ? Sous un sapin et à l’ombre d’un manguier ?

lequel des deux était le pire et lequel le meilleur…

 

 

*

 

Un monstre n’est même pas drôle… Il ne fait plus rire personne… Un monstre devient sourd, n’écoute plus personne et on ne comprend rien à ce qu’il raconte… Comme un Viktor

- Pour sa défense (et sa sanctification), on rappellera que Viktor, même après avoir cessé de boire, même au plus fort de la crise financière internationale, n’a jamais entrepris de démarches en vue d’obtenir une faveur nobiliaire quelconque (récompensant des personnalités très appréciées au Palais) et a toujours refusé d’enseigner la littérature irakienne ou afghane aux US Marines « en instance d’affectation », casernés dans les bases de l’armée américaine d’Allemagne ou d’Arabie Saoudite…

qui, après avoir traversé en pirogue le Canal de Charleroi, aurait quitté Saint-Gilles et serait passé de l’autre côté, à Molenbeek, dans le camp adverse, chez les AA…

Depuis quand le Mangoustan est-il devenu une province du Pakistan ?

 

*

 

Un monstre, quand il était encore un « enfant » ne voulait pas devenir un homme (être circoncis, être « masturbé » par un instituteur laïque ou un aumônier

- Pour élever ton corps et purger ton esprit, évacuer les liquides tentateurs et les humeurs malignes…

catholique de la « nouvelle vague », être obligé de marcher au pas et d’obéir à des imbéciles galonnés portant des bourrelets de graisse dans le cou, devoir être sexuellement performant en toutes circonstances, ne pas être en mesure de dissimuler une éjaculation précoce, un manque

- Eloko na yo lokola bic ! Oyebi ata kokoma te !

de volume, de puissance ou de désir… ou

- Délestage ?

des pannes sexuelles ordinaires)… ni une femme (être excisée, avoir des klottes à payer tous les mois sans pouvoit jamais solder son compte, être déviergée par Diego Cao ou par un militaire en opération, un agent territorial en inspection, un prêtre ou un pasteur en mission de confession ou de délivrance… ou un simple infirmier, chauffeur de taxi-bus, enseignant ou directeur d’école quinquagénaire… être engrossée et devoir, pour sauver sa réputation et sa valeur marchande, faire couler

- Zemi eza liyanzi !

son enceinte clandestinement dans une « institution sanitaire » pirate ou… par crainte d’être inhumée incognito dans le cimetière des Musulmans, à Kikwit… devoir se résigner à épouser un vieux Joseph quelconque et à être obligée de lui tailler, tous les soirs, des pipes savantes… à l’encens et au myrrhe… ou au miel et à la camomille… et devoir encore, tous les matins, encore souillée… ayant à peine eu le temps de se passer un peu d’eau sur le visage, de se brosser les dents et de se rincer la bouche… même le dimanche

- Et si tu voulais bien me préparer une omelette aux champignons, tu serais une petite femme absolument merveilleuse ! Et du café bien chaud ! Baveuse, l’omelette ! Et tu me sers une tranche de pain… vite fait… Ou je te chasse du « toit conjugal »… Pour insoumission ! Derekitima !

frotter et décrotter au savon d’Alep ses caleçons aigris par l’urine ou barbouillés d’excréments sanglants)…

 

  

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Toutes les histoires monstrueuses de AnaCo 3  
(liens)
 

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