Je fête, à Kinshasa, le 70ème anniversaire de mon Indépendance
Vié ba Diamba
Dépêches de l'agence de presse privée Ana et le Congo (AnaCo)
Série 3: Je fête, à Kinshasa, le 70ème anniversaire de mon Indépendance
Kinshasa 22 décembre 2009 – 15 février 2010
Sur l'agence AnaCo, voir aussi:
http://anaco1.blogspot.com/
et http://anaco2.blogspot.com/
Sur le Congo, voir aussi:
http://butembo-kinshasa.blogspot.com/
Enfin prêt pour la lutte finale ?
Après plusieurs décennies de mondialisation libérale et de globalisation impérialiste… Dans un contexte de crise financière internationale et
- Oui mais, s’étant donné le visage apparemment « plus avenant » d’Obama et l’ayant fait introniser prix Nobel du marché mondialisé, le capitalisme et les Etats-Unis d’Amérique s’efforcent de conserver le contrôle de la réponse à la crise… tout en gardant, bien entendu, la maîtrise du circuit du pétrole !
de fin de l’hégémonie des Etats-Unis…
Un monstre, affirmez-vous ?
Un peu vite dit tout ça… Votre mère aurait-elle saigné d’abondance lors de votre accouchement ? Aurait-elle eu une grossesse difficile ? Seriez-vous né avec le cordon ombilical autour du cou ?
Et comment vous êtes-vous comporté depuis votre naissance ? Vous seriez-vous, à l’âge de vingt-cinq ou trente ans, rendu
- Meuuunon ! C’était une mission de service, non !
à Mbanza-Mboma, à Madimba ou à Sonabata afin d’y consulter un féticheur… un homme qu’on implore et
- Mormor ?
- Meuuunon ! Celui-là travaille plutôt à Kinshasa, non ? Dans le foot et la politique, non ? En dollars plutôt qu’en francs congolais, non? Dans un bureau climatisé, avec planton, secrétaire particulier, « petits de confiance » et gardes du corps… et un chauffeur qui l’attend à l’extérieur, au volant d’une Hummer, non ?
qui exauce des voeux, un saint… et de lui confier la mission d’éliminer l’arrière-grand-père de vos futurs kokos ?
Auriez-vous, à l’âge de quarante ou cinquante ans, en route pour Mbanza Ngungu et de passage à Kasangulu, omis
- Meuuunon ! Je ne le connaissais même pas, cet homme-là !
de contribuer à la prise en charge des frais funéraires d’un ancien chauffeur des HPK à Masi Manimba… et qui faisait à présent la route du Bas-Congo (le véhicule roulait à vive allure en direction de Kinshasa, le conducteur était fatigué, le soir venait de tomber)… et dont le minibus s’était encastré dans un camion-remorque stationnant sur la chaussée, tous feux éteints ?
Et, aujourd’hui même, alors que vous venez d’atteindre l’âge respectable de soixante-dix ans, un « nu » d’Eva Braun, peint par Adolf Hitler*, l’ogre-amant, avec
- Un gastéropode scotché sur les caroncules myrtiformes ?
une petite moustache à la Charlie Chaplin griffonnée sur le pubis, serait-il encore capable de vous émouvoir ?
* Léopold II aussi avait des maîtresses…mais il ne peignait pas ?
Un monstre, ohoooh ! s’autorise cependant les rêves érotiques
- Avec Eva Braun ?
- Jamais ! Avec Mwana Danzé ! Alias Lilith !
- Sia !
- M’enfin, Danzé… J’en ai marre de dormir avec une bouillotte en caoutchouc, eh ! Ça ne suffit pas à chauffer mon lit, oh ! Ata yo moko…
- Oza sakana na ngai, Vié ba Diamba ! Je ne suis pas une chauffe-lit ! Okanisi ngai nazali yuma? Nalingi komona yo lisusu te ! Tshoo !
les plus fabuleux : « Tu te jetais sur moi, comme une sauterelle se jette sur sa nourriture, tu me grimpais dessus, tu m’enfourchais, tu te glissais en moi, tu t’engageais en moi … au pas, au trot, au galop, au galop, au galop, au trot, au pas, au pas, au pas, au galop, au trot, au trot, au trot… au galoooooooooooooooop ! et tu me chevauchais, et tu me chevauchais, et tu me chevauchais… et j’écartais les jambes au maximum et
- Ne bouge surtout plus ! Laisse-toi faire ! Ne m’embrasse pas ! Ne me regarde pas ! Ne me touche même pas !
les bras tendus aussi, en croix, comme s’ils étaient attachés aux montants
- Quels montants ? Notre lit n’a jamais eu de montants !
- Un peu de poésie, n...on?
du lit… je ne bougeais surtout pas, je me laissais faire, je ne t’embrassais pas, je ne te regardais pas, je ne te touchais même pas… ni les yeux, ni le nez, ni la bouche… ni le cou, ni les oreilles… ni les seins, ni les fesses… ni le nombril… Je fermais les yeux et j’avais l’impression… que tu me pénétrais et… que tu t’enfonçais au plus profond de moi et… que tu me traversais… J’étais devenu ton objet… fendu, béant, captif, possédé… Je t’appartenais totalement… J’étais entièrement toi »
Un monstre ? Mouais…
Un mal irrigué du cerveau plutôt, non ? Un obsédé sexuel, un désastre mental, un déchet toxique
- Wapi pneu ? Il faut totumba ye !
- Serai-je fouetté puis pendu (ou pendu puis fouetté) avant d’être brûlé vif ?
un crevure, un taré, un dissolu, un gratteur de cartes prépayées périmées, un renifleur de petites culottes trouées, un dégénéré… qui ne « travaille » plus (comme Gizenga, disait-on méchamment, lorsqu’il était premier ministre) que deux ou trois heures par jour… pas plus… après, ça le fatigue et ça l’emmeeeeeeerde… quelque chose comme un invendu du marché, une boule de fufu abandonnée dans une bassine en plastique, un périmé, un otula…
Le philosophe ne fait pas la barbe, ni le moine l’habit ! A chacun son métier, quoi ! On ne doit pas confondre… Un déchet n’est pas un monstre, oh !
Après avoir parcouru le monde entier (« opéré » en
- Lokuta na ye ! C’est tout faux ! Vié ba Diamba n’a jamais foutu les pieds là-bas ! Il n’a jamais fréquenté aucun de ces mauvais lieux !
Argentine, au Yémen, en Chine, en Macédoine ou en Afrique du Sud, dans les montagnes du Caucase, au bord du lac de Tibériade, sur les trottoirs des Ramblas, de la Canebière ou du couloir Madiakoko, dans un conteneur public, servant de dépotoir, installé sur un quai de l’île de Lord Howe ou au sein d’une organisation criminelle croate, libanaise, kenyane, vietnamienne ou mexicaine) et ayant obtenu finalement un statut de réfugié (pour cause d’insécurité physique, politique, économique, démocratique, humoristique, informatique, juridique, érotique, onirique, religieuse, sociale, littéraire, humanitaire, alimentaire, financière, administrative ou culturelle) au royaume de Tintin, un monstre
- Plus aucun organe valide ! Aucune transplantation possible ! Jetez-moi ça à la poubelle !
terminera son existence au centre de tri des déchets hospitaliers de l’hôpital Erasme* à
- Comme le Sporting ?
- Ben oui !
Anderlecht, dans la région de Bruxelles-Capitale.
* Pour mémoire (s’il m’arrivait encore
- Dans certaines circonstances, on n’a pas vraiment la tête à se rappeler des trucs comme ça !
de l’oublier) et à toutes fins utiles, mon n° de dossier au Service d’Anatomie et d’Embryologie humaines de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’ULB est (toujours inchangé) le suivant: 23/06/00 – 864
Un déchet hospitalier, sans identité
- Que peut-on devenir encore, à soixante-dix ans passés, quand on est (qu’on le veuille ou non) clairement identifié comme compatriote de Léopold II, de Coquilhat, de Costerman, de Cattier, de Thijs, de Banning, de Monseigneur de Hemptinne, de Georges Remy, des gouverneurs Rijckmans et Cornélis, du lieutenant-général Emile Janssens, de l’agent Soete… de Benoît Verhaegen, de Filip De Boeck, de Gauthier de Villers, de Jean-Claude Willame, de Viktor Rousseau… de Louis Michel (alias « Léopold II bis »), de Colette Braeckman et de Marie-France Cros… d’Anselme Kaleme Tampi, de Gisèle Mandaila, de Romelu Lukaku, d’Antoinette Safu Mbakata, de Pierre Migisha et de Bertin Mampaka… de François De Keersmaecker, de Steven Vanackere et de Karel De Gucht (alias « Kolo », alias « Esprit ya mufiti »)… et qu’on revient (encore une fois !) du Congo ? Kuifje en Flandre ? Tintin en Wallonie ?
- Jamais ! Rien de tout ça ! Ni boulette sauce lapin, ni balleke sauce tomate !
- Une personne déplacée, alors ?
- Une personne qui espère (sauf problèmes d’arthrose, de fric ou de visa) pouvoir se déplacer encore un peu, quoi ! Rester dans le mouve, quoi ! Tout en allant d’un bord à l’autre, quoi ! Sans dogmes ni tabous, quoi ! Comme un noctambule abusif (un Zadio) qui continuerait, pendant la journée, d’être un insurgé soigneux… comme un barricadier-ambianceur… comme un radical qui, sans se faire mouvancier, n’oublierait pas de rester tolérant … Un métis, un mutant, un zoba-zoba, un monstre, quoi !
nationale très précise, ne sera donc pas incinéré, par injection létale, au Texas ou dans l’Ohio… ou même chez les Ouïghours… pour un meurtre qu’il n’aura pas commis
- Où ça ? Chez Sébastien ? A Air N’Djili ? A la paroisse Saint Marc, dans le quartier de Kingasani ya Suka ? Dans la salle de fêtes Arche du Congo, avenue Kianza, à Ngaba ? A l’hôtel Mukoko, dans la commune de Kasa-Vubu ? Au restaurant Nzola-Ntima, pas loin du rond-point Kimpwanza ? A l’hôtel Salama, à Bandalungwa ? A l’hôtel-bar Ya Lolo, dans la commune de Barumbu ? A la Résidence 165 sur le boulevard du Trente Juin, à la Gombe ?
un dimanche après-midi, vers 14h30, au cours d’un braquage qui n’aura pas eu lieu…
Un monstre finira à la poubelle, quoi ! tout simplement…
Un groupe de chasseurs ne découvrira pas son cadavre… loin du cimetière où il avait ses habitudes… dans les matiti mabe, le long de l’ancienne voie ferrée reliant Tshela à Boma… en costume de bête fauve, les fesses à l’air et le bas-ventre découvert, les mains vides et pieds nus, les bras et les jambes écartés… présentant des blessures de type traumatologique provoquées par le roulement des corps emportés par la passion … les lèvres mordues, les oreilles déchirées, les reins cassés… et les couilles arrachées comme un train d’atterrissage qui se serait détaché de l’appareil, en tombant du lit et en touchant brutalement la surface du sol… déposées précieusement à côté du corps... dans un panier ou une corbeille de feuilles
- Les feuilles de mikungu ne doivent pas être confondues avec les kasa ya kwanga ! Ce ne sont pas les mêmes feuilles, oh !
de mikungu… avec des oignons, des tomates, du sel et du pili-pili… comme une viande de chasse… qu’on préparerait en liboke…
A la poubelle, tout simplement !