Je fête, à Kinshasa, le 70ème anniversaire de mon Indépendance
Vié ba Diamba
Dépêches de l'agence de presse privée Ana et le Congo (AnaCo)
Série 3: Je fête, à Kinshasa, le 70ème anniversaire de mon Indépendance
Kinshasa 22 décembre 2009 – 15 février 2010
Sur l'agence AnaCo, voir aussi:
http://anaco1.blogspot.com/
et http://anaco2.blogspot.com/
Sur le Congo, voir aussi:
http://butembo-kinshasa.blogspot.com/
On a tué
- Pour en faire quoi ? Des bancs pupitres pour les écoliers qui s’assoient directement sur le sol dans certaines écoles primaires des environs de Kwamouth ou du Sud-Kivu ? Des pilons à manioc, des maboka, des battes de base-ball, des sabots, des pirogues, des poutres, du bois de chauffage ou du makala, des croix pour les morts… ou des crosses pour fusils servant à tuer les survivants ? Des cercueils pour les noyés du lac Mai-Ndombe ?
tous les arbres
Plus de bois de Nassogne…
Plus de forêts du Mayombe, du Kivu ou du Mai-Ndombe…
Des arbres
- Les arbres résistent à la foudre, aux incendies (mais pas aux « feux » nocturnes que des sentinelles allument à leur pied pour s’éclairer, se réchauffer et se protéger des mauvais esprits… et qui, peu à peu, les rongent, les gangrènent et provoquent leur chute) et aux tremblements de terre ! Ils perdent leurs fruits, leurs branches, leurs singes, leurs écureuils ou leurs oiseaux… Ils se dessèchent… mais ils ne trébuchent pas ! En liberté, les arbres préfèrent mourir debout, non ?
âgés de plus de deux cent ans ont été lâchement abattus et ignominieusement dépecés en une seule journée par des mineurs avides ou des forestiers féroces…
Des avocatiers, des safoutiers et des manguiers ont été brutalement déracinés et détruits méchamment dans des plantations…
Plus d’arbres, plus de moustiques, plus de nids, plus de serpents et plus de perroquets. Plus de planques, ni d’affûts, ni d’endroits secrets où chasser, cueillir, creuser… et cacher des amours clandestines. Plus de boulevard du Trente Juin (mais, dit-on, un terrain d’aviation triomphal tracé par l’entreprise chinoise Crec… aussi large qu’une piste d’atterrissage pour gros porteurs de troupes… et que les piétons peinent à traverser… et où se produisent de nombreuses collisions* frontales) ni de
– Les Chinois ont coupé tous les arbres longeant le boulevard… et puis ils ont laissé le chantier totalement à l’abandon ! Problème de financement sans doute… à moins que les Chinois, eux aussi, ne soient devenus des « chiques » ?
boulevard Lumumba… Plus d’urinoirs sauvages… Plus de branches mortes et de petit bois pour allumer le feu… Plus de grand méchant loup et de petit chaperon rouge…
Plus de clairières…
Plus de gui... Plus de druides, ni de tireurs de vin de palme…
Plus de pendus bucoliques
- Les chagrinés d’amour et d’eau fraîche qui préfèrent clamecer en plein air peuvent toujours aller se faire pendre ailleurs** ! Ils sont invités à accrocher, désormais, leur corde à des réverbères ou à des potences de caténaire !
champêtres ou forestiers… qui se branchent aux arbres de la parcelle de la cathédrale Notre-Dame ou du Secrétariat général du ministère de l’Intérieur… Ou d’un manguier domestique et
- Il m’a vu grandir !
rassurant, dans une parcelle familiale, au quartier Lumbi, au fin fond de la commune de Kazamba, à Kikwit…
Plus même de sieste à l’ombre…
Avant, à Nassogne, les grands hêtres stoïques et les chênes puritains du parc imposaient leur loi, celle des « gens d’en haut », à un potager, des parterres et des haies, des buissons de ronces, des bouquets de noisetiers, quelques sapins, un érable et plusieurs dizaines d’arbres fruitiers, sans manières, bavards et rigolards (des cerisiers délurés, de pruniers grognons, des pommiers boulimiques, des poiriers prétentieux) qui zonaient dans la prairie basse…
Avant, auprès de chaque arbre se trouvait
- Un pwète ? Un amant ? Un traitre ? Un braconnier ? Un sorcier ? Un rebelle ? Un prêtre réfractaire ?
un homme ou une femme… qui se cachait, pissait, faisait le guet, espionnait, rêvait, souriait...
Avant, abattre un arbre c’était tuer un homme…
* Ainsi, aux petites heures de l’aube, en décembre 2009, non loin du cimetière de la Gombe, une collision entre un « transport » ayant à son bord des membres d’une famille de retour d’une veillée mortuaire et un minibus d’une société de téléphonie cellulaire a-t-elle entraîné la mort de six personnes… dont les corps ont été déposés à la morgue de l’hôpital général de référence de Kinshasa, ex-Mama Yemo… où ils resteront en « stand-by », aussi longtemps que les « familles éprouvées » n’auront pas rassemblé le montant requis pour payer les « frais funéraires »… Les deuils (et la proximité des cimetières ?) sont-ils particulièrement mortels ? En janvier 2010, sur la route de la N’Sele, une collision entre deux taxi-bus
- Ils jouaient à se dépasser ! Les passagers (une bande d’énergumènes qui, probablement n’avaient pas grand-chose à voir avec la famille éprouvée) chantaient des chants obscènes et insultaient et menaçaient les gens ! Ils excitaient les chauffeurs et les encourageaient à mettre les gaz et à faire la course !
qui faisaient partie d’un même convoi mortuaire et qui revenaient d’une mise en terre au cimetière de Kinkole ou de Mikonga II… a-t-elle provoqué la mort de huit personnes…
** Dans une cage-cellule « en plein air », par exemple, à Guantanamo… où des détenus particulièrement pervers (menant une odieuse guerre asymétrique contre la chrétienté et les forces du marché, oh !)… des fauves sans pitié, des cyniques, des acrobates et des manipulateurs… ont réussi, avant de se pendre, à se ligoter eux-mêmes les chevilles et les poignets et à s’enfoncer eux-mêmes des chiffons dans la bouche jusqu’à l’étouffement ! Oh les vilains !